Recrutements : la prudence est de mise

C’était sans doute la question la plus posée lors du dernier salon PCD Paris Packaging Week : comment se porte le marché du recrutement ? Réponse, il ralentit mais n’est pas à l’arrêt. Les entreprises continuent à recruter mais la prudence est de mise. Au regard des indicateurs globaux, le marché de l’emploi cadre dans le secteur du packaging marque encore le pas, sachant qu’en 2025, la dynamique des embauches s’était encore contractée et seules 8 % des entreprises avaient recruté au moins un cadre au dernier trimestre.
Mais si on se concentre sur les fonctions commerciales et de développement la réalité est plus nuancée.

Bonne nouvelle ! Les recrutements existent toujours. Les entreprises continuent de rechercher des profils capables de développer l’activité, accompagner les marques et piloter des projets complexes. Mais un mot résume l’état d’esprit actuel du marché, la prudence.
Le marché du recrutement n’est donc pas à l’arrêt mais il est devenu à la fois plus prudent plus sélectif et plus exigeant des deux côtés.
Les entreprises cherchent des profils capables d’apporter rapidement de la valeur et de soutenir leur développement.
Les candidats souhaitent s’assurer que le projet proposé justifie réellement la prise de risque.
Dans cet environnement, les profils qui combinent expertise métier, énergie et capacité de développement restent particulièrement recherchés.
Car malgré les incertitudes, les entreprises ont toujours besoin de talents capables de faire avancer les projets et de conquérir de nouveaux marchés.

Recruter sans droit à l’erreur !

Dans un contexte économique incertain, les entreprises cherchent avant tout à sécuriser leurs recrutements.
Le coût généré par un mauvais choix est aujourd’hui bien identifié : perte de temps, désorganisation interne, impact possible sur les clients, nécessité de relancer un processus parfois long et exigeant.
Les entreprises attendent donc des profils capables de comprendre rapidement leur environnement, d’intégrer les enjeux techniques et d’être opérationnels dans des délais très courts.
La tolérance à l’erreur est faible. Les phases d’intégration sont souvent rapides et demandent une prise de rythme immédiate.
La tendance est clairement au « plug and play » : des profils immédiatement efficaces, capables d’avancer avec peu de formation formelle.

Iouila Mikaïloff - Identités Remarquables

Iouila Mikaïloff - Identités Remarquables

Des recrutements “urgents” qui… peuvent durer !

Paradoxalement, certains recrutements « urgents » (!) peuvent durer plusieurs mois. Les décisions prennent plus de temps.
Les processus impliquent souvent plusieurs interlocuteurs et les équipes sont elles-mêmes très sollicitées. Mais les candidats ne sont pas pressés non plus.
Aujourd’hui, changer d’entreprise est perçu comme une prise de risque plus forte qu’il y a quelques années.
Les mobilités se concrétisent donc surtout lorsque la proposition représente un véritable saut : plus de responsabilités, un projet stimulant ou une évolution salariale significative.
Sans cet alignement, beaucoup préfèrent rester en place.

Ile-de-France : attractivité et/ou contrainte

Il est un fait que de nombreuses opportunités se concentrent en Île-de-France où se trouvent une grande partie des sièges et des clients des marques. Mais après plusieurs années marquées par des « visios » quasi systématiques, les entreprises cherchent aujourd’hui à renouer davantage avec les rencontres en présentiel.
Des postes qui pouvaient auparavant être exercés depuis d’autres régions nécessitent désormais plus souvent une présence locale, et donc des profils déjà basés sur place.
Les entreprises sont également moins favorables à financer des déplacements réguliers depuis les régions, ce qui peut freiner certaines candidatures.

Des mobilités parfois freinées

D’autres éléments contribuent également à ralentir les mouvements. La clause de non‑concurrence peut être utilisée pour dissuader un départ et être parfois activée même pour des profils relativement jeunes.

Dans le même temps, les entreprises doivent tenir leurs budgets et certains niveaux de rémunération observés sur le marché parisien peuvent créer des décalages importants.

Tout cela participe à cette prudence.

“Avoir envie”, un critère déterminant !

Les entreprises évoquent souvent un critère déterminant : l’envie.
Envie de s’impliquer, de développer, de conquérir.
Mais le rapport au travail évolue. Les nouvelles générations peuvent être très engagées tout en souhaitant anticiper les temps de trajet, les déplacements professionnels et l’organisation du travail.
Les profils entre 30 et 40 ans apparaissent souvent comme un point d’équilibre intéressant pour les entreprises : expérience solide, autonomie, capacité à avancer rapidement.
Mais c’est aussi une période de vie où beaucoup jonglent avec de jeunes enfants et recherchent davantage de souplesse.
Là encore, l’alignement entre attentes des entreprises et aspirations des candidats devient essentiel.


Ioulia Mikaïloff
Identités Remarquables - ioulia.mikailoff@identites-remarquables.fr