Edito

Par Jean-Yves Bourgeois

Face au bond en avant, la tentation du bond en arrière !

J’ai le privilège en toute simplicité d’avoir été et d’être encore partie prenante de l’histoire des fournisseurs de ce secteur de la Beauté. C’est en 1988 que j’ai eu la chance de participer à l’épopée Luxe Pack. C’est en 2010 que j’ai eu cette chance renouvelée de participer à l’épopée MakeUp In. Finalement quel bilan peut-on en tirer ? A grands traits force est de constater que le centre de gravité de cette profession ne cesse de se déplacer d’Ouest en Est. Ce n’est pas la révélation du siècle. Le nombre d’exposants asiatiques n’a cessé de croître dans les salons européens, le nombre d’exposants européens et américains n’a cessé au mieux de stagner au pire de baisser dans les salons asiatiques. Je me souviens de l’époque où, en tant qu’organisateur, la priorité était donnée sans effort particulier aux industriels européens. La pression asiatique n’avait pas encore atteint celle d’aujourd’hui. Le rapport de force a évidemment considérablement changé. Il faut dire que l’industrie européenne n’a pas été gâté par les politiques mises en œuvre. Le poids des contraintes en tout genre n’a cessé d’entraver les dynamiques pourtant réelles de ce secteur. Et, fait extraordinaire, les industriels eux-mêmes finissent par admettre que ces contraintes leur permettent de progresser. Rien n’est sûr ! Ils n’ont tout simplement pas le choix ! Que faire ? Certainement libérer les énergies. En prend-on le chemin ? Parallèlement ces fameux pays émergents « qui ne le sont plus » ont pris le virage de la préservation de l’environnement encore plus vite qu’on pouvait le penser… C’est plus facile lorsqu’on a tout fait pour qu’ils deviennent l’usine du monde. L’élève a dépassé le maître. C’est bête comme choux, n’est-ce pas ! Mais, bon sang, pourquoi n’y avons-nous pas pensé avant ? Par facilité, par paresse, par manque de vision et d’anticipation ? Il y en a qui l’avait vu venir et l’avait prédit !