Raphaël franchit la barre des 15 millions de pinceaux !

Fondée en 1793, Raphaël est la plus ancienne manufacture européenne spécialisée dans la fabrication de pinceaux fins. Appartenant au groupe Max Sauer, leader mondial des Beaux-Arts, la maison Raphaël perpétue depuis plus de deux siècles un véritable savoir-faire artisanal, transmis de génération en génération. En collaboration étroite avec les make-up artists et les professionnels de la beauté, la firme conçoit et fabrique des pinceaux cosmétiques sur-mesure pour les plus grandes marques internationales. Dernières innovations en date, des pinceaux dorés tout laiton gravés sur l’ensemble du manche et une technique de vernissage avec bandes de plusieurs coloris. Le point avec Rodolphe Ollivier, CEO.

On ne le sait pas toujours mais, outre votre usine de Saint Brieuc en Bretagne, vous possédez deux autres centres de production à l’Ile Maurice et à Madagascar.

Rodolphe Ollivier : En effet, nous employons cent cinquante personnes à Saint-Brieuc, cinq cent cinquante à l’Ile Maurice et cent à Madagascar. La France représente 50% de notre activité. Les maisons pour lesquels nous travaillons exportent dans le monde entier. Notre force réside de notre savoir-faire artisanal depuis plus de 200 ans dans la conception de pinceaux et dans notre capacité à innover continuellement dans le respect de cette tradition.
Notre chiffre d’affaires se répartit entre la cosmétique (1/3) et les Beaux-Arts (2/3). Le chiffre d’affaires dans le secteur des Beaux-Arts est en faible croissance avec de belles progressions de parts de marché alors que celui réalisé dans le secteur cosmétique est plus sujet aux variations macro ( variations de l’activité avec la Chine et les USA…) et micro-économiques dues entre autres aux lancements.

Un secteur, celui de la cosmétique qui réclame de l’innovation !

Rodolphe Ollivier : Notre capacité d’innovation est avant tout au service des clients. Cette année 2025 est marquée par de nouveaux lancements qui mettent à l’honneur notre maîtrise du vernissage des manches, du fini des viroles mais également des décors sur manche métallique. C’est d’ailleurs ce qui explique bien sûr nos investissements en matière d’automates de vernissage, de machines de fabrication et de machines de finition d’aspect des virole (galvanoplastie, polissage, …). Parmi nos dernières innovations, la réalisation de pinceaux dorés tout laiton gravés sur l’ensemble du manche, et notre capacité de vernissage avec bandes de plusieurs coloris. Il faut savoir que de la création au contrôle qualité, chaque étape est réalisée avec la plus grande exigence. Résultat : plus de 15 millions de pinceaux sont fabriqués chaque année dans nos ateliers.
Ils sont entièrement fabriqués à la main, sont rigoureusement contrôlés à chaque étape.

Vous confirmez donc que malgré les soubresauts économiques, votre activité reste en croissance ?

Rodolphe Ollivier : Je serai un peu plus nuancé. L’année 2024 a été une bonne année dans la tendance de la croissance régulière des années précédentes. L’année 2025 reste dynamique avec plusieurs lancements qui seront bientôt visibles dans le commerce. En revanche, les maisons cosmétiques qui n’avaient pas pris de décisions de lancement ont plutôt tendance à laisser vivre leur gamme dans le contexte économique actuel incertain.
Les lancements 2025 sont encore marqués par les innovations qui sont l’ADN de notre société que ce soit au niveau des formes, des matières, des rendus et des décors. C’est l’innovation qui nourrit nos plans d’investissements avec également la volonté de maîtriser l’ensemble de notre chaîne de valeur.
Certes, les droits de douane créent de l’incertitude dans les décisions des donneurs d’ordre. Ce n’est pas favorable au développement de l’activité. L’interrogation principale concerne le différentiel de droits de douane des Etats-Unis entre l’Europe et l’Asie, en particulier la Chine. Cela peut devenir une opportunité pour les acteurs européens.
 
L’environnement est un axe majeur aujourd’hui pour tous les fournisseurs du secteur Beauté. Quels sont vos atouts dans ce domaine ?

Rodolphe Ollivier : L’environnement est une préoccupation majeure que nous partageons avec nos clients. Cette exigence est traduite dans notre politique d’éco-conception des produits, en particulier dans le choix des matières et matériaux qui impactent l’ensemble du cycle de vie du produit.
Nous veillons à protéger l’environnement autour de nos usines. Nous serons la première usine de l’Île Maurice, en dehors des complexes hôteliers, à disposer de sa propre station de traitement des eaux. Cette eau sera également recyclée pour être réutilisée directement sur notre site.
Nous avons mis en place une stratégie visant à réduire notre impact environnemental, reposant sur trois piliers clés : le contrôle de nos rejets dans l’eau, le sol et l’air ; la gestion interne de nos déchets ; et la réduction de notre consommation d’énergie.
Depuis 2022, nous réalisons régulièrement un bilan carbone pour évaluer notre impact environnemental. Un plan d’action a été mis en place à partir de cette analyse, avec une équipe dédiée qui œuvre activement à sa mise en œuvre, dans le but de contribuer à un avenir plus durable et responsable.
Notre charte d’éco-conception guide toutes nos équipes créatives dans le développement de solutions respectueuses de l’environnement.
Un exemple phare : « l’Ocean Brush », le pinceau le plus éco-responsable du marché, fabriqué à partir de matériaux recyclés et bio-sourcés, pensé pour minimiser son impact tout au long de son cycle de vie.
Nous proposons également des pinceaux sans virole en bois issus de forêt gérées durablement et en fibres recyclées, réduisant davantage notre empreinte écologique.
Mais la durabilité va au-delà des matériaux. La véritable éco-responsabilité réside dans la longévité de nos produits.
Nos pinceaux sont conçus pour durer, offrant performance et précision année après année — une alternative durable aux outils jetables.

Nous jouons sur les formes, les couleurs, les finitions pour répondre aux besoins spécifiques d’une marque. Que ce soit au niveau des fibres (propriétés techniques, couleur, mise en forme de la tête de pinceaux : plats, ronds, biseautés, pointus, éventails… adaptées à chaque technique), ou de la virole (couleur, finition (mat, brillant, brossée,…), ou encore du manche (longueur, matériau bois ou laiton), et, bien sûr, de la finition (mat, brillant, métallisé….), de la forme et du marquage.
Nous proposons, bien entendu, une large variété de fibres synthétiques, développées pour imiter les performances du poil naturel tout en respectant les engagements cruelty-free. Nos manches peuvent être réalisés en bois, plastique recyclé ou matériaux innovants, avec des finitions personnalisables.

Vous avez même sorti un « Livre Blanc » qui explique les secrets du développement d’un pinceau cosmétique sur-mesure.

Rodolphe Ollivier : Ce livre permet de plonger au cœur de notre savoir-faire. Il a été pensé pour les marques, les acheteurs et les professionnels du développement produit dans l’univers de la beauté.
De la sélection des matériaux à l’ergonomie du manche, en passant par les finitions et le choix des fibres, découvrez tout ce qu’il faut savoir pour concevoir un pinceau à la fois performant, différenciant et adapté à votre identité de marque.

Site internet : www.raphael-makeup-brushes.com