Bormioli Luigi : s’adapter en permanence !
1946, 2025…, il y a 79 ans, monsieur Luigi Bormioli constituait officiellement la Bormioli Luigi qui est devenue aujourd’hui l’un des leaders mondiaux en matière de fabrication de flacons et de pots pour la parfumerie-cosmétique mais aussi l’un des leaders mondiaux dans le domaine des arts de la table. 600 millions d’Euros de chiffre d’affaires pour un effectif plus de 2300 personnes réparties dans cinq verreries et trois usines de décoration, le bilan est flatteur. D’autant que l’entreprise est toujours familiale à 100 %. Quant à la présence du Groupe aux Etats-Unis où la filiale emploie dix huit personnes, elle n’a cessé de se renforcer que ce soit sur le créneau des produits cosmétiques et du parfum.
Le point avec Simone Baratta, directeur de la Business Unit Prestige Perfumes.
En fait l’histoire de Bormioli Luigi remonte à beaucoup plus longtemps ! Et, surprise, l’origine de la famille est française !
Simone Baratta : C’est exact ! Les origines de notre entreprise remontent au Moyen Âge. Au XIVe siècle, la famille Borniolle, spécialisée dans l’art du verre, a quitté la France pour s’installer à Altare, en Italie, où elle est devenue la famille Bormioli.
En 1825, elle s’est implantée à Fidenza, près de Parme, pour développer ses activités. Ce n’est qu’en 1946 que Luigi Bormioli a fondé officiellement la Verrerie Bormioli Luigi. L’entreprise s’est tournée vers les parfums de luxe dans les années 1980/2000.
En 2007, une nouvelle usine près de Milan a permis d’augmenter la capacité de production de 30 %.
En 2013, la societé « After Glass » a vu le jour à Parme pour la décoration du verre.
En 2017, l’acquisition de la division Arts de la Table de Bormioli Rocco a encore élargi notre influence.
Plus récemment, nous avons ouvert un bureau commercial au Brésil en 2020, puis inauguré une nouvelle usine de production à Azuqueca, en Espagne, en 2021. Celle-ci, initialement dédiée aux arts de la table, a été réorientée vers la parfumerie-cosmétique grâce à l’installation de quatre nouvelles machines IS, déployées progressivement entre 2022 et l’an prochain.
Dans une interview qui remonte à 2008, monsieur Bormioli déclarait : « Je préfère mettre l’argent dans les machines plutôt que dans les banques ». Il voulait illustrer par là sa volonté d’investir dans le juste « outil de production » pour le « juste marché » ! C’est plus que jamais d’actualité.
Simone Baratta : Plus que jamais, en effet ! Car, malgré la forte pression liée à l’augmentation des coûts de production, nous continuons d’investir dans nos différentes unités pour répondre à une demande qui ne faiblit pas. Mais une verrerie qui n’innove pas et qui ne fait pas d’investissement court progressivement à sa perte !
Au total, ce sont 250 millions d’euros qui sont dépensés jusqu’en 2025 en innovation, développement durable et capacité de production. Cela passe par des investissements en Espagne, par des innovations produits pour apporter des solutions écoresponsables avec un objectif de décarbonation de 50% du 2019 au 2030. Cela passe aussi par des gros investissements en parachèvement au sein de notre atelier de décor « After Glass ».
L’environnement est évidemment un défi immense pour vous ?
Simone Baratta : Oui, évidemment, mais le verre, matériau indéfiniment recyclable à 100% présente d’incontestables atouts au moment où les marques et les consommateurs recherchent des solutions à la fois plus premium et plus responsables.
Pour répondre à ces attentes, nous misons sur l’innovation : solutions allégées, verre recyclé, bagues interchangeables…
Nous investissons dans les procédés de fabrication du verre et de la décoration afin de minimiser l’impact environnemental de nos opérations, en réduisant les émissions de CO2 grâce à l’électrification des processus et à l’utilisation de sources d’énergie renouvelables, en diminuant la consommation d’eau et en favorisant l’utilisation de matières premières, notamment pour les décors, de plus en plus durables comme des laques à base d’eau ou biosourcées.
La demande en verre PCR (recyclé post-consommation) reste importante, surtout chez les marques premium, mais l’enjeu reste d’assurer un fort pourcentage de PCR sans compromis sur la qualité et nécessite des partenariats ciblés avec les fournisseurs pour sécuriser nos approvisionnements.
Quels sont les produits « phares » développés et commercialisés au cours de ces derniers mois ?
Simone Baratta : Nous avons lancé de nombreuses nouveautés, portées par un marché dynamique, notamment en parfumerie en Europe et aux États-Unis.
Parmi elles, une collection de flacons, « Ecoline » , qui propose des contenants en verre ultra léger, réduisant le poids de 58 %. Nous avons développé des systèmes de bagues interchangeables pour la parfumerie et les soins.
Notre pot rechargeable, « Reverre », : ce modèle contient une cupule en verre amovible que le consommateur peut racheter en boutique et remplacer d’un geste simple. Son concept breveté repose sur une conception spécifique à laquelle s’ajoute un anneau plastique qui assurent sécurité, étanchéité et maintien. Cette solution d’un packaging durable joue en faveur d’une conception d’autant plus premium que sa durée de vie est assurée.
Un mot aussi de nos développements destinés aux marchés des mascaras, des lipgloss et des rouges à lèvres. On propose des solutions clé en main qui comprend le flacon et un système d’application prêt à l’emploi. On peut personnaliser les produits en matière de décoration mais également au niveau des formes (section carrée, ovale etc.).
Concernant le rouge à lèvres « Swing », le boîtier est constitué d’une base en verre et d’un capuchon en verre reliés à un insert contenant le tube de rouge à lèvres. Il est rechargeable. la consommatrice de changer le raisin de son rouge à lèvres en fin de vie ou bien d’en alterner la teinte à sa guise tout en conservant son écrin.
L’enjeu énergétique pour un verrier est particulièrement sensible.
Simone Baratta : C’est le moins que l’on puisse dire ! Je dirais qu’il est essentiel. Concernant le secteur Beauté, notre outil de production évolue clairement vers des fours électriques sinon hybrides avec l’objectif de réduire de 50 % nos émissions de CO2 d’ici 2030.
Pour l’électricité et le gaz, il est important d’évaluer l’impact des coûts. Nous adoptons des contrats à long terme afin d’assurer la stabilité de l’approvisionnement et de l’économie, en espérant une politique européenne plus durable pour le secteur industriel.
Vous avez été fidèle aux salons Luxe Pack !
Simone Baratta : Oui, bien sûr. Ces salons pour le moment correspondent parfaitement à notre positionnement. Ce sont des occasions privilégiées pour des rencontres importantes dans le secteur et tant que cela restera le cas, nous continuerons d’y être fidèles.




