Groupe Pochet : Anticiper les enjeux énergétiques et environnementaux et miser sur l’intelligence artificielle !
Beaucoup de challenges en ce début d’année 2026 pour le Groupe Pochet, entreprise familiale française fondée en 1623 et qui revendique son expertise en multi-matériaux par l’alliance de ses savoir-faire en verre, plastique, décor et accessoires de beauté. Un Groupe qui aura réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros pour un effectif de près de 3 000 personnes et qui compte huit usines en France et une en Chine (trois usines de production de flacons en verre, trois sites de transformation du plastique, deux sites « métal » dont un en France et l’autre en Chine et un site spécialisé dans les décors en France, Solev).
Pour Xavier Gagey, Président du Directoire, « il est incontestable que cet ancrage familial depuis neuf générations est un atout qui permet d’avoir une stratégie basée sur la durée ». Car les challenges économiques, énergétiques et environnementaux en cours et à venir ne manquent pas pour ce Groupe dont plus de 90 % du business se fait hors de France. « Pour les affronter, insiste-t-il, outre les stratégies industrielles et commerciales que nous mettons en œuvre, le Groupe s’ouvre vers l’extérieur et travaille étroitement en partenariat avec son écosystème ! ». Explications.
Anticiper ! Un maître mot pour le patron de Pochet qui explique que dès 2018 a été mise en place une stratégie d’achats des matières premières et des besoins en énergie bien utile en ce début d’année 2026 pour le moins mouvementé. « Aujourd’hui, nous achetons de l’énergie pour 2030 ! Cela nous permet de lisser les coûts à la baisse comme à la hausse ». Une stratégie d’anticipation appliquée également au plan industriel avec un montant d’investissements de plus de 120 millions d’euros en cinq ans avec, comme point d’orgue, le démarrage en février 2025 du premier four électrique français dédié au flaconnage de luxe.
Four électrique : le tournant de 2025 !
« Un four, explique-t-il, qui représente une avancée majeure en matière de décarbonation et un saut technologique pour nos équipes. Alimenté en énergie renouvelable, il nous permet de réduire drastiquement nos émissions de CO2 tout en garantissant un verre d’une qualité incomparable. Cette innovation s’inscrit pleinement dans notre engagement à proposer un luxe responsable, où performance environnementale et excellence industrielle se conjuguent pour façonner la beauté de demain. »
Ce four est plus efficient énergétiquement que les fours à gaz utilisés au sein de la verrerie, puisqu’il consomme deux fois moins d’énergie par tonne de verre fondue. Doté de trois arches électriques de cuisson et de feeder mix gaz et électrique, ce four dispose d’une puissance de 8 megawatts et d’un volume de plus de 250 tonnes de verre, soit l’équivalent d’un immeuble de trois étages. Environ 70 tonnes de verre sont tirées chaque jour.
Il est alimenté en partie par l’énergie verte produite par une centrale photovoltaïque de ABO Wind, l’un des acteurs majeurs du secteur des énergies renouvelables. Cette centrale, mise en service en janvier 2025, représente le plus grand parc photovoltaïque déployé par ABO Wind en France. « Avec cet acteur, précise Xavier Gagey, nous avons signé un contrat d’achat d’électricité d’une durée de 20 ans. Un partenariat à long terme pour sécuriser les prix tout en garantissant un approvisionnement durable. »
A noter que pour assurer le bon fonctionnement de ce four, 12 000 heures de formations internes et externes auront été nécessaires auprès des équipes techniques et Fusion en collaboration avec le verrier SGD Pharma qui possède lui aussi la technologie de fusion électrique pour ses flacons destinés à l’industrie pharmaceutique. Le chantier d’installation aura duré plus de sept mois pour un montant de près de 40 M€. Il aura fallu 4 000 tonnes de béton, 100 kilomètres de câbles, 500 tonnes de charpente, 10 kilomètres de tuyaux et la participation de plus de 750 personnes.
Le démarrage d’un deuxième four du même type est prévu en 2033.
« Ces projets d’électrification s’inscrivent pleinement dans la trajectoire de décarbonation du Groupe, insiste Xavier Gagey, illustrant sa capacité à transformer ses outils industriels pour concilier performance industrielle et responsabilité environnementale. »
60 % de plastiques vertueux !
Concernant les plastiques, le Groupe affirme s’engager résolument dans la transition vers des plastiques « vertueux » pour une Beauté Durable avec l’ambition d’atteindre 60 % de plastiques « vertueux » dans ses produits d’ici 2030, en privilégiant les matières recyclées, biosourcées ou issues du recyclage chimique. « Cette transformation, explique Xavier Gagey, s’appuie sur notre FabLab, véritable accélérateur d’innovation pour tester et homologuer les matières du futur, et sur la certification ISCC+ de tous nos sites plasturgistes, garantissant la traçabilité des matières. En 2024, nous avons franchi une étape clé avec 10 % de plastiques vertueux intégrés dans nos produits, confirmant notre trajectoire vers l’objectif 2030. C’est Qualipac qui rassemble nos activités Plasturgie & Métal grâce à son excellente maîtrise des techniques d’injection, d’emboutissage, d’assemblage et de décors qui sont autant de savoir-faire complémentaires qui lui permettent de proposer une large palette de produits pour le Parfum, le Soin et le Maquillage (capots de parfum, boîtiers de maquillage, gloss, rouges à lèvres ou mascaras, pots pour le soin)… Qualipac est d’ailleurs reconnu pour la qualité de sa galvanisation et dispose depuis 2018 d’une toute nouvelle ligne en adéquation avec les plus hauts standards environnementaux. » Le Groupe qui possède également une expertise complémentaire en zamak propose des coiffes esthétiques, des accessoires décoratifs ou des parures de flacon aux détails délicats.
L’Intelligence artificielle au service de la performance
Avec en premier lieu, l’IA au cœur des process industriels. Pour optimiser sa production et réduire les rebuts, Qualipac Aurillac a décidé de miser sur l’intelligence artificielle appliquée à son procédé de galvanisation. L’IA permet d’analyser un grand nombre de variables afin de mieux comprendre l’origine des défauts et d’identifier les combinaisons à risque. Là où un cerveau humain peut difficilement traiter simultanément une telle quantité de données, les modèles développés permettent désormais d’expliquer une grande partie des phénomènes observés dans le process. Cette approche contribue à améliorer significativement la qualité de production, avec des gains mesurables également sur le plan environnemental, notamment en réduisant la consommation d’énergie, d’eau et de matière. L’intelligence artificielle vient ainsi renforcer une ligne de galvanisation déjà parmi les plus vertueuses d’Europe, en polypropylène et sans chrome VI.
Concernant l’IA générative, le Groupe Pochet a fait le choix d’une approche pragmatique et ancrée dans les métiers pour déployer l’intelligence artificielle générative au sein des fonctions administratives. Le Groupe s’appuie sur un Club IA composé d’experts issus de tous les départements, formés pour identifier et porter des cas d’usage concrets au plus près du terrain.
« Ce qui rend cette démarche efficace est son mode de diffusion : plutôt que de centraliser uniquement l’expertise au sein de la DSI, le groupe s’appuie sur un Club IA composé d’une trentaine de salariés représentant tous les corps de métiers. Ces relais sont formés à l’IA par nos experts et peuvent ainsi diffuser leur connaissance et identifier des cas d’usage au plus près du terrain. » explique Clémentine Serafin, Responsable Transformation IA.
“Pochet Participation”
« Plus de 90 % de notre business se fait en dehors de la France, insiste Xavier Gagey. C’est donc bien un Business mondial qui évolue très vite et qui nous impose d’évoluer sans cesse. Développer des partenariats innovants permet d’accélérer la transformation du Groupe et c’est la raison pour laquelle nous avons créé il y a deux ans “Pochet Participation” ».
Dernier exemple en date, Sansara, filiale digitale de la Maison Neyret, a annoncé l’acquisition d’AdvancedTrack & Trace (ATT), leader mondial des solutions d’authentification et de traçabilité depuis vingt ans, et l’entrée au capital du Groupe Pochet. « Un rapprochement, insiste Xavier Gagey, qui donne naissance à une offre unique de services rendant réel le passage à grande échelle des produits connectés, traçables de l’usine au consommateur : flacons de parfum, bouteilles de vin, vêtements, sacs, montres, accessoires de luxe … »
Sansara propose une solution unique sur le marché de traçabilité : produire une chaîne de valeur entièrement intégrée, de la fabrication au consommateur final grâce à trois facteurs clés :
• La puissance digitale de Sansara et sa plateforme cloud Scalabel® qui connecte les identifiants physiques aux données produit, aux systèmes d’information de la marque et aux parcours consommateurs, sur l’ensemble du cycle de vie du produit.
• L’expertise technologique d’ATT grâce à sa maîtrise de grands projets de traçabilité sécurisée et son savoir-faire en authentification / anticontrefaçon, suivi d’articles et excellence opérationnelle.
• Les capacités industrielles de la Maison Neyret et du Groupe Pochet qui grâce à l’intégration des outils de sérialisation développés par Sansara peuvent, via leurs lignes de production, apposer directement sur le produit, qu’il soit en verre, en métal ou en textile, un marqueur physique unique, parfaitement intégré au design. De plus, tous les industriels, y compris concurrents, peuvent sérialiser leurs lignes de production grâce à l’expertise de Sansara et à ses technologies, dont la plateforme cloud Scalabel® est ouverte à tous et interopérable. Le déploiement de produits connectés à grande échelle au service des marques Flacon de parfum authentifié d’un simple scan, vêtement qui retrace l’origine de ses matières premières, emballage primaire et secondaire reliés à un passeport numérique.
Pour les marques, l’offre adresse trois grandes familles de besoins :
• Authentification et protection : lutte contre la contrefaçon, contrôle du marché gris, certificat de propriété blockchain.
• Passeport numérique produit (DPP) : conformité réglementaire, traçabilité complète et économie circulaire.
• Expérience consommateur enrichie : post – sales et marketing après-vente, fidélisation, notices dématérialisées, lien direct avec les clients et seconde vie.
Mais aussi un rapprochement avec des concurrents à travers le partenariat BRI&Va dans lequel les sociétés Tesem, G. Pivaudran et le Groupe Pochet ont décidé de s’unir pour développer une nouvelle technologie qui permet aux produits fabriqués à partir d’aluminium recyclé d’obtenir après consommation (PCR) un éclat similaire à de l’aluminium vierge. Grâce à cette technologie, les produits contenant de l’aluminium composé jusqu’à 50% de PCR peuvent répondre aux normes visuelles et tactiles les plus élevées du marché de l’emballage du luxe.
« À travers ces initiatives, conclut Xavier Gagey, Pochet Participations démontre concrètement la volonté du Groupe de s’ouvrir à de nouveaux écosystèmes pour accélérer son développement et renforcer sa capacité d’innovation. »


