La famille X-PUMP veut sortir la pompe airless de sa niche

Formules protégées, hygiène, moins de conservateurs : depuis plus de trente ans, l’airless porte des promesses qui devraient interpeller toutes les marques et tous les consommateurs. Pourtant, il n’atteint pas le vaste marché auquel il pourrait légitimement prétendre et reste cantonné aux usages où il est strictement indispensable.
Mais pourquoi le marché ne s’ouvre-t-il pas davantage ?
Pour The Use Factory, agence d’innovation et de design d’usage qui invente et licencie aussi ses propres brevets, le prix n’explique pas tout. Pour lever les freins, l’agence a conçu et breveté la valve X-TREM, au cœur d’une nouvelle famille de pompes : X-PUMP.
Explications par Mathias d’Estais, associé dirigeant en charge des brevets et des licences, et Jean-Yves Corbin, associé et co-inventeur du dispositif.

Pour les formulateurs, l’airless répond à des besoins précis : protéger des actifs sensibles à l’oxydation, préserver des ingrédients fragiles, éviter le rancissement des huiles, et garantir l’hygiène là où elle est critique.
Mais son intérêt va bien au-delà : en isolant la formule de l’air et des salissures apportées en particulier par les doigts, l’airless autorise des concentrations d’actifs plus élevées et un moindre recours aux conservateurs, gages d’une meilleure tolérance cutanée. Il limite les pertes en fin d’usage et préserve l’efficacité de la formule jusqu’au bout. Il offre enfin une plus grande liberté de formulation pour monter en gamme.
Ses fondamentaux donnent ainsi aux marques de multiples raisons de choisir l’airless. Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui il n’est adopté que par nécessité. Dès qu’il ne s’impose pas comme une obligation, il est évincé.
Pour qu’il soit désiré et adopté par choix, les fournisseurs doivent lever des freins et des incohérences.

Pourquoi l’airless reste une promesse non adoptée ?

Bien sûr le frein qui vient d’abord à l’esprit concerne le coût. C’est une réalité et c’est la conséquence d’une certaine complexité technique que doivent gérer le fabricant, le formulateur et le conditionneur. Les surcoûts s’additionnent et la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) vient encore pénaliser l’ensemble.
Ce facteur prix peut être nettement atténué en réduisant la complexité. C’est ce à quoi s’emploie la famille X-PUMP présentée ici. Mais The Use Factory pointe aussi des freins qui relèvent du consommateur et de sa relation au produit :
Le premier frein se trouve dans une certaine conscience écologique que les consommateurs ont acquise. Ils regardent de plus en plus les labels. Ils savent qu’un emballage s’évalue sur toute sa durée de vie et se montrent sensibles à la lutte contre le gaspillage de formule. Ils espèrent des produits plus purs. Une aspiration à « moins consommer pour mieux consommer » émerge lentement. Mais face à cet éveil que leur propose-t-on ? Des pompes qui leur renvoient une image de complexité avec un volume de plastique qui ne leur échappe pas lors de l’achat et encore moins au moment de les jeter. Des matières techniques souvent mélangées dont ils devinent la recyclabilité médiocre, sans parler du métal encore parfois présent. Enfin, alors que les consommateurs s’ouvrent timidement à la recharge et au réemploi, l’offre airless n’est pas vraiment au rendez-vous.
Le second frein se trouve dans le geste. Les gestuelles cosmétiques sont pleines de subtilités : la tactilité, l’émotion du toucher de la peau, le ressenti des textures. Or on trouve dans l’airless essentiellement une pression mécanique sur un bouton-poussoir… La pompe crée une distance entre le produit et le consommateur : elle coupe toute sensorialité en imposant une activation technique à connotation mécanique. On est bien loin de l’univers de douceur et de bien-être que veulent incarner les marques. Pour que ces dispositifs soient réellement adoptés et s’inscrivent dans les rituels de soin, il faut leur donner de la sensualité. « Délivrer un sérum avec un dispenser à connotation technique est adapté, mais l’attente n’est pas la même pour délivrer une crème » remarque Mathias d’Estais.

Des non-dits qui constituent des incohérences majeures

À ces freins bien réels – coût, conscience écologique, gestuelle – s’ajoutent encore deux sujets connus de tous mais que l’on glisse volontiers sous le tapis !
Premier non-dit, le produit sèche avant la sortie du dispenser : entre la valve de la pompe et l’orifice de sortie la formule stagne dans un canal exposé à l’air. Elle s’y dessèche et la dose suivante sort dégradée. Généralement peu visible, le phénomène se perçoit pourtant. Et quand on reprend un produit oublié quelque temps, l’aspect de la première dose est souvent inacceptable. Pour une catégorie qui promet de protéger les actifs, l’incohérence est totale.
Second non-dit, la sortie n’est jamais propre : dès les premières utilisations, ses reliefs et ses cavités retiennent inévitablement des résidus. Là encore le discours d’hygiène est mis à mal alors que la sortie se salit peu à peu. Sans parler du capot qui se salit lui-même et reporte ses souillures sur la sortie de pompe…
Vous avez forcément déjà vu ces embouts desséchés et ces pompes à moitié bouchées… Eh bien, le consommateur les voit aussi ! Il les accepte ou du moins les ignore sur des emballages simples ou des produits d’entrée de gamme. Mais sur un produit plus élaboré est-ce seulement tolérable ? « La rencontre du consommateur avec la formule, c’est précisément la sortie de la pompe, insiste Mathias d’Estais. Il la regarde au moment de cueillir la dose et ce qu’il voit est déceptif et décrédibilise la fonction airless.  »

Les deux intuitions fondatrices de la valve X-TREM

Face à cette attente qui se décline sur l’aspect, l’usage, la performance et le coût, The Use Factory propose des conceptions de pompes radicalement différentes basées sur une valve qui associe deux intuitions :
• Réunir la valve de pompe et le point de sortie : toute la formule reste en amont, protégée jusqu’à l’instant de la délivrance. De la première à la dernière dose, aucun canal ni aucune zone n’est exposé à l’air.
• Réduire la valve à une membrane fine en élastomère, traversée d’une fente quasi invisible : sous la pression la fente s’ouvre et laisse passer la dose. Elle se referme dès que la dose est extraite et reprend sa forme initiale. En prélevant la dose le doigt essuie la surface, qui redevient propre. Sous la membrane, une plateforme brevetée garantit l’étanchéité dans la durée (voir encadré technique).
« Dès les débuts du projet, la membrane fendue nous a séduits par sa simplicité et le gain de coût possible, se souvient Jean-Yves Corbin. Mais en lançant les premières générations de prototypes, nous étions loin d’imaginer atteindre un jour un tel niveau de protection et une telle qualité d’usage !  »

Trois mises en œuvre de la valve X-TREM

Sur cette base, The Use Factory a conçu les trois pompes de la famille X-PUMP. Chacune correspond à des situations industrielles et à des approches de marché très différentes.

X-PUMP Patch : une sortie airless pour une pompe existante
La valve se place en sortie d’une pompe standard. Elle ajoute moins d’un demi-gramme de matière plastique. Le design de la pompe et celui du contenant ne sont pas impactés. X-PUMP Patch s’adapte indifféremment aux pompes sur flacons à piston et flacons à poche souple, et aux tubes souples. Un montage sur flacon atmosphérique à tube plongeur serait aussi possible : le pack ne serait alors pas airless mais il gagnerait nettement en propreté et en qualité perçue.
« Pour l’industriel, c’est du pain bénit, sourit Jean-Yves Corbin. Il suffit de retravailler la sortie du capot, sans remettre en cause ses composants ni son montage. La seule contrainte est de libérer un peu de surface pour la membrane : une pastille de l’ordre de 8 mm de diamètre. »

X-PUMP Dome : la pompe repensée
Une pompe complète en quatre pièces, pour un poids d’environ 5,5 g : à peu près moitié moins qu’une pompe airless de référence du marché qui pèse 10,5 g.
Le dôme élastomère y joue un triple rôle : il est à la fois la chambre qui contient la dose, le bouton-poussoir et le ressort. Comprimé par l’utilisateur, il reprend ensuite sa forme en douceur pour aspirer la dose suivante sans autre pièce de rappel. Sur les 5,5 g de la pompe, l’élastomère représente moins de 0,5 g.
Grâce à sa forte dépression, X-PUMP Dome fonctionne indifféremment sur flacon à poche ou sur flacon à piston. La pompe peut aussi être montée sur tube, ce qui optimise encore le poids matière.
Le matériau du dôme est un TPO base PE ou bien un TPO base PP, selon la gamme d’actifs à délivrer et selon que le contenant est en PE ou en PP. Que la pompe soit montée sur flacon ou sur tube, la part de TPO reste très en deçà du seuil de 10 % du poids total retenu par RecyClass : de quoi viser sereinement la classe A.
Ce dôme est une clé fondamentale pour gommer l’aspect mécanique de l’activation : « La compression du dôme se fait en souplesse et progressivement, décrit Jean-Yves Corbin. Le dosage est intuitif et précis. Cela apporte une vraie sensualité, totalement en phase avec l’univers du skincare.  »

X-PUMP Pod : l’airless rechargeable sans compromis et compatible PPWR
Si on ne change que le réservoir, la formule neuve transite par une pompe déjà utilisée et la continuité de la protection n’est plus garantie. Pour recharger un airless il faut donc changer tout le circuit de la formule, c’est-à-dire jeter à chaque recharge la poche et la pompe entière.
Une pompe classique et sa poche pèsent de l’ordre de 12 à 18 grammes : l’équation matière n’est pas tenable. Un tel déchet va à rebours des objectifs du PPWR et alourdit l’éco-contribution REP. Avec X-PUMP Pod la pompe et la poche sont réunies dans une cartouche mono-matériau de 7 grammes. Le déchet devient acceptable. « La cartouche X-PUMP Pod pèse moins que deux pots de yaourt vides, commente Mathias d’Estais. Elle s’inscrit dans la logique du PPWR et peut viser la classe A de RecyClass. »
Là encore l’ensemble contient une part minime d’élastomère TPO, toujours de même nature que le contenant afin de garantir sa recyclabilité. La cartouche se change par simple clipsage. Le circuit complet est ainsi renouvelé à chaque recharge sans aucun résidu de la cartouche précédente, ce qui garantit un haut niveau d’hygiène.
Deux options de design sont possibles. La première laisse simplement apparaître le dôme, la coiffe venant parfaire l’ensemble. La seconde option consiste à ajouter un bouton-poussoir customisé qui transmet la pression sur le dôme. On conserve ainsi la dynamique offerte par l’élastomère mais dans une configuration qui ouvre la voie à des designs plus spécifiques.

Des partenaires pour passer à l’échelle

The Use Factory est une agence d’innovation et ne fabrique pas : son modèle repose sur des partenariats de développement avec des industriels, donnant ensuite naissance à des licences de brevet. Ces développements peuvent être engagés à l’initiative de l’industriel ou bien naître d’une relation tripartite entre l’industriel, la marque et The Use Factory. « C’est un tout ! explique Mathias d’Estais. Les marques doivent aussi mesurer le potentiel que représentent ces changements afin de faciliter le déclenchement des projets chez les industriels du secteur.  »
Un premier projet est déjà en cours dans l’industrie pharmaceutique : une version spécifique de X-PUMP Dome a été conçue pour un laboratoire qui commercialise un actif sans conservateur. Cette pompe est actuellement en tests de rétro-contamination.
« La pharma s’intéresse ici à la performance technique, estime Mathias d’Estais. Mais ce sont les marques cosmétiques qui peuvent pleinement profiter de X-PUMP. Nous cherchons donc les industriels et les marques prêts à ouvrir ce nouveau marché avec nous !  »

Et la valeur d’usage rejoint la valeur d’image !

Le design unifie le « dessin », l’esthétique, et le « dessein », l’intention ou la fonction.
C’est avec cette culture que The Use Factory défend une conviction : l’image de qualité d’un emballage naît lors de l’achat. Elle doit se révéler au premier usage puis satisfaire jusqu’à la dernière dose. L’expérience vécue devient alors un pilier de la valeur perçue, au même titre que l’esthétique et la marque. Elle nourrit la notoriété de la marque et fidélise durablement le consommateur.


MAIS QU’Y A-T-IL DERRIÈRE CETTE MEMBRANE ?

Étanchéité. The Use Factory a beaucoup travaillé l’étanchéité naturelle de la fente. Néanmoins, quels que soient le matériau et la géométrie de cette membrane et de sa découpe, cette étanchéité peut céder à l’épreuve d’un doigt qui déforme la surface. C’est pourquoi The Use Factory a développé une plateforme sous-valve. Elle stabilise la membrane et empêche tout retour de liquide. Ainsi la valve X-TREM reste étanche dans toutes les configurations. Elle résiste aussi durablement à la dépression, y compris celle d’un tube souple en fin d’utilisation.

Matière et procédé. La membrane est injectée dans un élastomère thermoplastique polyoléfinique (TPO), entièrement oléfinique (sans EPDM), formulé sur base PE ou sur base PP selon le matériau retenu pour le reste du packaging. Pour assurer une parfaite jonction avec la tête de pompe, le TPO est surmoulé ; la fente est ensuite découpée mécaniquement.

Brevet. Priorité française de 2021, brevet délivré en France (FR3127143B1). Demandes européenne et américaine en cours de délivrance.


THE USE FACTORY, L’INVENTEUR AU SERVICE DES MARQUES ET DES INDUSTRIELS

Agence d’innovation, d’ergonomie et de design d’usage, The Use Factory accompagne depuis trente ans start-up, PMI et grands groupes en santé, pharmacie et cosmétique : 60 clients, 80 produits conçus et 70 brevets déposés pour ses clients. Parmi ses références on peut citer Sephora, L’Oréal, Chanel et Colgate en beauté et hygiène, ainsi qu’Urgo, BD, Acteon et Galderma en santé. L’agence est agréée au titre du Crédit d’Impôt Recherche (CIR).

Mathias d'Estais - The Use Factory

Mathias d’Estais - The Use Factory

En parallèle de son activité d’agence, The Use Factory mène une R&D en propre, valorisée par des licences : 10 brevets, 12 contrats de licence, 4 copropriétés en cours et une start-up filialisée. Une licence de brevet portant sur un emballage est actuellement en cours avec un grand groupe cosmétique.

Contact : Mathias d’Estais, associé dirigeant – m.destais@the-use-factory.com