Pompe parfumerie : Costertec fête ses soixante ans d’existence !
L’usine Costertec du Groupe Coster installée à Torello dans le nord de l’Espagne à une bonne heure et demie de Barcelone fête cette année ses soixante ans d’existence. Plutôt discrète au cours de ces dernières années comme le Groupe auquel elle appartient, cette usine produit tout de même chaque année quelque 300 millions de pompes destinées au secteur de la parfumerie et les dirigeants de Coster comptent bien l’imposer encore plus sur ce créneau on ne peut plus concurrentiel grâce à son outil de production particulièrement performant composé de plus de 30 lignes d’assemblage dont la toute dernière qui vient d’arriver est capable d’assembler quelque centaine de pompes à la minute. A noter que le Groupe continue sa stratégie offensive de production à l’étranger avec le démarrage d’une nouvelle usine au Mexique à la fin de l’année pour l’instant orientée « valve aérosol » mais qui pourrait intégrer à terme la production de cette pompe parfumerie. Le point avec Damiano Marsilli, Directeur des Ventes et de la Stratégie.
Depuis sa création en 1963 le groupe Coster toujours familial appartient à la famille Segatta, aujourd’hui détenu par les deux filles du bâtisseur initial, Martina et Cristina, et dirigé par Bernard Msellati, Ceo, et se positionne comme un fournisseur multinational de systèmes de pulvérisation (valves et pompes) mais aussi, et c’est ce qui en fait l’originalité, de machines de remplissage pour aérosols. 285 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 dont les 2/3 dans la production de machines et de valves aérosol et un tiers dans tout système de pompes, dix huit sites répartis dans le monde dont dix sites de production (USA, Argentine, Brésil, Grande Bretagne, Espagne, Italie, France, Pays Bas, Inde, Malaisie), le groupe Coster est incontestablement l’un des leaders mondiaux sur le marché des aérosols depuis plus de 60 ans. « Nous sommes la seule entreprise au monde, explique Damiano Marsilli, à concevoir et à fabriquer à la fois des composants d’emballage et des équipements de remplissage d’aérosols. » C’est en 2020 que le groupe élargit sa gamme de pompes vers la parfumerie en profitant entre autres de l’acquisition de la société française basée à Annecy, Catidom , spécialisée dans l’anodisation. « Depuis 1966, souligne Damiano Marsilli, il est clair que nous avons mis en place en Espagne un véritable pôle d’excellence dédié à la parfumerie. Il s’agit d’un écosystème intégré d’installations de production automatisées de pointe, d’équipes spécialisées, de laboratoires et d’un réseau commercial mondial au service de l’industrie de la parfumerie. L’intégration en interne de l’anodisation des métaux via Catidom renforce nos capacités de personnalisation et de finitions haut de gamme pour la parfumerie de luxe. Chez Costertec, nous allions expertise technique et approche centrée sur le client pour proposer des solutions de pompes sur mesure destinées à l’industrie de la parfumerie. Des tests de compatibilité à la mise en couleur en passant par l’évaluation des performances de pulvérisation, nos services sont conçus pour garantir que votre produit réponde aux normes les plus élevées, tant sur le plan fonctionnel qu’esthétique ».
MPO 2.0 : La toute dernière pompe parfumerie
MPO 2.0 est la dernière évolution de la plateforme de pompes de parfumerie MPO de Coster.« Cette plateforme améliorée, souligne Damiano Marsilli, conserve le profil compact et discret, la force d’actionnement douce, la conception sans joint, le système de pré-compression et les performances de nébulisation fine de la MPO d’origine. Grâce à des composants internes optimisés, cette nouvelle conception offre une plus grande fiabilité dans des conditions d’essai et de stockage critiques, notamment en cas d’exposition à des températures élevées et à des formulations agressives. En réduisant le risque de fuite et en garantissant des performances constantes du produit tout au long de la chaîne d’approvisionnement, la MPO 2.0 contribue à préserver l’intégrité du produit, tout en conservant une compatibilité totale avec les configurations et composants existants ».
La MAXX 130, quant à elle, allie un format compact à un débit élevé, répondant ainsi aux exigences fonctionnelles et esthétiques des applications de parfumerie plus sophistiquées. « Conçue pour délivrer un dosage précis de 130 μl, explique Damiano Marsilli, cette solution garantit des performances constantes tout en conservant un design discret et fiable, ce qui la rend particulièrement adaptée aux formulations de parfums. Elle est compatible avec les bouchons à sertir conformes aux normes FEA 15–20 et peut être équipée de joints toriques en EPDM ou en Buna, ce qui lui confère une large compatibilité avec différentes compositions de. Cette pompe est produite en Inde destinée à un marché plus mass-market ».
La première des trois vies de Coster
A l’occasion du 60ème anniversaire de Costertec, le Groupe Coster a publié un livre sur l’histoire du Groupe. Premiers extraits….
« La première des trois vies de Coster a commencé le 25 novembre 1963, à Milan, où l’entreprise a été fondée par cinq associés. C’était un lundi. Le ciel était gris dans la capitale lombarde, mais le temps était exceptionnellement doux pour la saison. Au kiosque, pour 50 lires, on pouvait acheter le quotidien Corriere della Sera, dont la une, ce jour-là, était consacrée aux événements qui avaient suivi l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Mais pour mieux comprendre l’époque à laquelle Coster a vu le jour, il faudrait aller au-delà des unes des quotidiens, parcourir les pages intérieures et, plutôt que de se concentrer sur les articles, prendre le temps de feuilleter les publicités : liqueurs, voitures italiennes et étrangères, café, vêtements… Les couleurs et les images évoquent un univers élégant, sophistiqué, prospère et « ambitieux », et témoignent clairement de ce qui se passait dans un pays qui, dix-huit ans plus tôt, était sorti brisé de la Seconde Guerre mondiale et se trouvait désormais en plein cœur de ce qu’on allait appeler le « boom », le miracle économique.
C’était l’Italie d’*Il Sorpasso* [La Vie facile], sorti en salles en décembre 1962. C’était un pays qui s’éloignait de l’abîme de l’après-guerre, à l’image de la Lancia Aurelia B24 dans laquelle Vittorio Gassman file à toute allure sur le nouvel asphalte de la Via Aurelia.
Parmi les nombreuses causes de cette renaissance miraculeuse, deux des moteurs qui propulsaient le plus l’Italie, lui permettant de passer en quelques années seulement d’un pays agricole à l’une des principales puissances industrielles de l’Occident, étaient l’industrie mécanique et, surtout, l’industrie pétrochimique. Un mois après ce lundi de novembre 1963, Giulio Natta, un scientifique ligure, allait recevoir le prix Nobel de chimie pour avoir inventé en 1953 le polypropylène isotactique, également connu sous le nom de Moplen ; il s’agit d’un matériau résistant et peu coûteux qui a révolutionné l’industrie des plastiques et des matériaux polymères, permettant la production d’une multitude d’objets caractéristiques du nouveau mode de vie des Italiens.
Dans les années 1950, même la plus grande entreprise électrique italienne, Edison, décida de diversifier ses activités et de développer son potentiel dans le secteur chimique (elle fusionna par la suite avec Montecatini, donnant naissance à Montedison, le plus grand groupe chimique industriel d’Italie). Un certain Giancarlo Giuffredi travaillait lui aussi chez Edison à cette époque : né en 1936, il avait auparavant acquis son expérience chez Brown, Boveri & Cie, une entreprise électrotechnique suisse. Giancarlo Giuffredi, alors âgé de trente ans, rêvait de concevoir des chars, mais le 25 novembre 1963, son nom figurait parmi les cinq signataires de l’acte constitutif d’une société qui n’aurait jamais rien à voir avec les véhicules militaires blindés. Le secteur dans lequel il allait s’engager était en effet celui des aérosols.
Dans les années 1960, la technologie des aérosols en était encore à ses balbutiements, bien que les premiers exemples dont nous ayons connaissance remontent à la préhistoire, lorsque certains de nos ancêtres dotés d’un sens artistique mettaient un liquide coloré dans leur bouche ou dans des tubes et le soufflaient, le vaporisant, pour laisser les empreintes négatives de leurs mains sur les parois des grottes. Après cette première réalisation, cependant, les aérosols n’ont pas connu d’avancées majeures pendant 17 000 ans, jusqu’en 1927, date à laquelle l’ingénieur chimiste norvégien Erik Rotheim s’est vu attribuer le premier brevet pour un spray aérosol. En 1931, ce brevet a été vendu à une entreprise américaine, et c’est aux États-Unis, en utilisant comme propulseur un nouveau gaz réfrigérant créé à cette même époque par un ingénieur chimiste américain, qu’il fut perfectionné : le résultat fut le dichlorodifluorométhane, mieux connu sous le nom commercial de « fréon ».
Même si les chars de combat n’étaient pas en cause, il existe néanmoins un lien entre Coster et les forces armées, car, comme de nombreux objets d’usage quotidien, les premiers aérosols tels que nous les connaissons aujourd’hui ont d’abord été produits à des fins militaires. Ils ont été utilisés pour la première fois pendant la Seconde Guerre mondiale. Les soldats américains engagés dans le Pacifique avaient besoin d’insecticides à base de DDT (l’un des premiers produits en aérosol et l’un des plus populaires) pour se protéger des moustiques qui, dans ces régions, ne se contentent pas de provoquer des démangeaisons gênantes, mais peuvent également transmettre le paludisme. Il fallait un support pratique et fonctionnel pour contenir le liquide insecticide, et l’aérosol s’est avéré parfait pour cela. Depuis lors, pendant de nombreuses années, les aérosols ont été principalement utilisés pour les insecticides : ce n’est qu’à partir des années 1950, grâce à l’évolution des habitudes de consommation induite par l’amélioration du niveau de vie d’une large partie de la population, qu’ils ont également trouvé des applications dans d’autres secteurs du marché, notamment celui des peintures et des cosmétiques, des parfums à la mousse à raser, en passant par la laque pour cheveux.
C’est aussi l’incroyable facilité d’utilisation des aérosols qui a touché une corde sensible chez Giancarlo Giuffredi, l’ingénieur, et l’a fasciné. Conscient de leur rentabilité, il abandonna les réservoirs et entra chez Solfrene, une entreprise fabriquant des produits en aérosol équipés de valves qu’elle produisait elle-même, pour lesquelles elle avait obtenu un brevet.
C’est là que Giancarlo Giuffredi s’est efforcé de trouver le moyen le moins coûteux possible de produire les pièces composant une valve, et qu’il s’est découvert un véritable talent pour cela. Cela allait être prouvé par les dizaines de brevets sur les valves, les machines et les pompes qu’il allait déposer au fil des ans. Cependant, les affaires ne marchaient pas bien chez Solfrene et, après seulement un an, mécontents de la façon dont ils étaient traités, Giancarlo Giuffredi et quatre collègues, menés par l’ingénieur Ruscitti, décidèrent de quitter l’entreprise avec l’idée d’en fonder une autre : outre Giancarlo Giuffredi, qui devait diriger le secteur des machines, les autres étaient Torretta, responsable de la branche des valves, Albini, directeur technique, Lucchini, directeur commercial, et Ruscitti, qui allait occuper le poste de directeur général pendant plusieurs années. Toutes les figures clés et les compétences nécessaires étaient désormais réunies pour lancer une nouvelle entreprise dans le secteur des aérosols. Il ne manquait plus qu’un nom et, surtout, les fonds nécessaires au lancement de l’entreprise. Les deux allaient bientôt se présenter : les cinq associés furent en effet contactés par deux financiers, les frères Ruggeri. Dans l’acte de constitution, la nouvelle société fut baptisée Coster, abréviation de Costruzioni Termomeccaniche. C’était le 25 novembre 1963. Soixante ans plus tard, ce nom est l’un des plus connus au monde dans l’industrie des aérosols. »
A suivre le mois prochain….


