Symposium “Matériaux du Futur pour le Packaging Beauté” : Quels enjeux pour quels résultats ?

Ce symposium réunissait pour la première fois à Paris le 4 février dernier à la fois des fournisseurs de matériaux, des fabricants de packaging, des marques, des journalistes et consultants de l’écosystème.
Principal objectif de cette conférence qui comportait cinq cessions, analyser comment les marques de l’univers de la Beauté peuvent à la fois préserver la désirabilité de leurs produits tout en atteignant leurs objectifs en matière de développement durable, tout en répondant aux attentes croissantes des consommateurs en termes de RSE, et tout en se conformant à une réglementation de plus en plus contraignante.
le Symposium qui s’était positionné comme un événement satellite de la Paris Packaging Week était conçu et animé par Gérald Martines, Président de la société In-Signes avec la participation de Jean-Yves Bourgeois, Président de JYB Conseil et éditeur du site internet Full Beauty Suppliers. Monsieur Josh Brooks, directeur du salon Paris Packaging Week a tenu à accueillir chaleureusement les participants en début de matinée.
Une série de conférences complétées par un tour d’horizon du marketing de la beauté de madame Éva Lagarde, Fondatrice de RE/SOURCES, sur comment les marques transforment le langage R&D en allégations marketing pertinentes, et se positionnent entre innovations, durabilité et tendances consommateurs.

Il a fallu rappeler tout d’abord les enjeux !
 
Gérald Martines : En effet, madame Judith Fiedler, CEO de oneRD GmbH a rappelé dans un premier temps les obligations découlant de la mise en place de la PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation) dans l’Union Européenne.
Rappelons que cette règlementation impose (entre autres) que tout packaging placé sur le marché à partir de 2030 devra être recyclable dans l’une des filières établies. Concrètement cela limite le choix des matériaux, impose que les packs soient mono-matériau ou aisément séparables, et soient détectables par les systèmes de tri automatisés utilisant la signature des polymères dans le proche infrarouge, ce qui contraint le choix des décors et des finitions.
J’ai ensuite rappelé les différents modes de recyclages (thermomécanique, chimique et biologique) ainsi que les différentes sources existantes pour la fabrication des polymères (pétrole, biomasse, déchets et CO2) avec les avantages et les limites de chaque technologie, en particulier sur le plan de la réduction de l’empreinte CO2, et leur niveau de maturité industrielle. Il ne s’agit pas d’opposer ces différentes approches, elles sont au contraire complémentaires et doivent toutes contribuer de manière pertinente à l’économie circulaire.
Monsieur Paul-Henry Carli de la société Eastman a présenté ensuite des solutions de recyclage avancé des polyesters (gamme Renew) dès à présent matures et disposant de capacités de production industrielles. Les différents processus de recyclage chimique ont été présentés, avec une empreinte énergétique qui varie selon le procédé considéré et le niveau auquel il remonte dans la chaîne de production du polymère. Ces solutions ont déjà été adoptées par de grandes marques et se retrouvent dans les rayons.
Madame Isabelle Uhl de la société DOW, a présenté de son côté les récentes avancées en matière de production de résine ionomère (Surlyn™) recyclée ou biosourcée, leurs avantages et leurs applications. Ce matériau est très utilisé, en particulier pour les applications de bouchage haut de gamme. Ces procédés sont également matures industriellement et sont mis en œuvre dans des packaging disponibles sur le marché.
Enfin madame Maria Murcia Valderana de la société AVANTIUM, a présenté le PEF (releaf®), un nouveau matériau de la famille des polyesters, au même titre que le PET, et entièrement biosourcé et recyclable. Ce matériau se positionne comme une alternative ou un complément au PET dans ses innombrables applications, en particulier dans le flaconnage.

Ce fut ensuite au tour des matériaux alternatifs !

Gérald Martines : J’ai commencé par rappeler que les plastiques, en dépit de leur mauvaise image, restent incontournables dans le packaging, en particulier pour réaliser des fonctions telles que les systèmes de distribution, les capsules, les applicateurs, etc. L’enjeu étant de les utiliser à bon escient et de manière responsable.
Monsieur Alain Pierron de la société FAIVELEY TECH, a présenté les défis et les opportunités que les substituts biosourcés aux plastiques présentent en production industrielle, et a présenté de nombreuses réalisations utilisant des matériaux de la start-up finlandaise Sulapac pour des marques prestigieuses.
Monsieur Corrado Fioroni de la société italienne mPACKTING (Groupe Minelli) a quant à lui présenté une gamme de matériaux upcyclés, issus de résidus de l’industrie du bois et du liège, compoundés à des biopolymères de 3e génération issus de fermentation bactérienne ; ces matériaux allient une fonctionnalité proche de celle des plastiques traditionnels avec une biodégradabilité totale sans résidus toxiques, et constituent des puits de carbone à très long terme.
Enfin madame Helen Yang, de CLEMENT PACKAGING, a détaillé des cas d’usage pertinents (et non pertinents) de matériaux biodégradables et a présenté un matériau exclusif à base de bambou upcyclé, combiné à un biopolymère biodégradable. A noter que ce matériau est industriellement disponible et a été adopté par des marques de niche engagées, pour des pots et des sticks.

Quid des métaux ?

Gérald Martines :  En effet, quid des métaux et, plus particulièrement, de l’aluminium et du zamak, dans les applications de packaging pour la beauté dont la valeur perçue est intrinsèquement luxueuse ? Quels sont leurs atouts dans le cadre de la réglementation ?
C’est tout d’abord monsieur Thomas Thomas Diezinger, Président de TNT GROUP, qui a présenté les différentes technologies complémentaires de transformation de l’aluminium et du zamak, de l’emboutissage à la fonderie en passant par le forgeage à froid, et leurs caractéristiques et avantages respectifs, ainsi que les technologies développées par l’entreprise pour offrir des qualités de finition adaptées aux applications haut de gamme.
Monsieur David Gregorio de la société AXILONE MÉTAL, a ensuite montré comment se décomposaient les émissions de CO2e le long des phases de production de l’aluminium et a souligné les avantages de l’aluminium recyclé post-consommation ; il a également présenté les réalisations mono-matériau (100% aluminium) de l’entreprise, l’aluminium et le plastique étant les seuls matériaux permettant la réalisation de packs mono-matériaux.
Quant à madame Claire Terscartes de la société SEGEDE INDUSTRIE, elle a présenté l’énorme travail qu’elle a réalisé pour ‘réhabiliter’ le zamak, dont l’empreinte environnementale dans les bases de données avait été largement surestimée, faute de données qualifiées, et permettre la reconnaissance de la recyclabilité de ce matériau qui le rend parfaitement compatible avec la réglementation.

Enfin, ce fut au tour de la Cellulose et du mycélium.

Gérald Martines : J’ai tenu à établir un panorama des nombreuses applications du papier et de la pulpe de cellulose dans le packaging en général, et j’ai analysé le mouvement actuel de ‘papérisation’ du packaging beauté, en soulignant l’enjeu fondamental de la fonctionnalisation de la cellulose, indispensable pour conférer à ce matériau les propriétés barrières indispensables, un vaste champ de R&D. J’ai également présenté des applications émergeantes du mycélium.
Sur ce point, monsieur Benjamin Cohen de la société KNOLL PRINTING & PACKAGING a présenté des réalisations de packagings en pulpe de cellulose moulée à froid, désormais adoptés par les marques les plus exigeantes, et a expliqué le challenge engendré par cette cette technologie pour passer des packs secondaires aux packs primaires, ce qui nécessite de prendre en compte le contact direct avec la formule et les propriétés barrière, illustré par un exemple de réalisation de très haut de gamme.
Madame Estelle Doineau et monsieur Arnaud Lancelot de la société (RE)SET / PULP IN ACTION, ainsi que Virginie Recoura de CHANEL, ont présenté les travaux du consortium Pulp in Action, qui réunit une vingtaine de marques et de fournisseurs, avec pour objectif de faire passer les solutions à base de cellulose à un niveau industriel ‘mainstream’, en résolvant la problématique du contact direct avec la formule et leur protection, et ce dans quatre types d’applications courantes.
Enfin Monsieur Rémi Laurant d’EMBELIUM, qui se présentait comme un ‘cultivateur d’emballages’ a montré les qualités et le potentiel du mycélium dans des applications d’emballage secondaire ; les capacités limitées et le fort contenu en main d’œuvre de emballages les limitant pour l’instant à des applications de niche, mais leurs qualités uniques séduisent des marques engagées.


Deux tables rondes très animées !

A noter les deux tables rondes en fin de matinée et en fin d’après-midi. La première consacrée aux fabricants de packaging qui sont engagés dans la transition écologique et les implications de la réglementation. Le potentiel des nouveaux matériaux et les demandes de leurs clients ont fait l’objet d’un débat entre madame Aurélie Balmes de MEIYUME, de monsieur Pierre-Antoine Henry de QUADPACK-TEXEN, de monsieur Denis Maurin de HCT et de monsieur Nicolas Piffault du groupe POCHET.
La deuxième table ronde animée par madame Éva Lagarde de la société RE/SOURCES a permis d’avoir le point de vue à la fois de marques et d’une société de Full Service engagées dans la transition écologique et circulaire concernant les implications de la réglementation et le potentiel des nouveaux matériaux, ainsi que leur vision sur les évolutions futures des matériaux utilisés dans leurs portefeuilles respectifs. Étaient présents monsieur Andrea Bray du groupe INTERCOS, monsieur Jérôme Liard de la société PUIG, madame Caroline Mauffré du groupe YVES ROCHER et madame Virginie Recoura de la société CHANEL.


Ils ont aimé et ils le disent !

De l’avis unanime des participants cette journée a été un succès grâce à des sujets centrés sur les problématiques du moment, des présentations de grande qualité, et des échanges fructueux.
 
It has been a fantastic symposium today organized by Gerald Martines, great discussion across the value chain to develop together future-proof materials for the beauty industry.
Paul-Henri Carli, Eastman
 
Merci encore pour cette journée, j’ai trouvé les échanges vraiment riches et instructifs.
Maryline Hurtado, Michelin Polymères.
 
A big thank you to Gerald Martines for curating such a meaningful program.”
Judith Fiedler, oneRD
 

A big thank you to Gerald Martines and Jean-Yves Bourgeois for the excellent organization and thoughtful program.”
María Alejandra Murcia, Avantium


IMPORTANT ! POUR RECEVOIR L’ENSEMBLE DES PRÉSENTATIONS  
Pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité d’assister à la journée il est possible de recevoir le compte rendu complet des présentations auprès de Gérald Martines : gerald.martines@in-signes.com.